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A la rencontre d'Apollon

fr Vue de la statue d'Apollon dans l'atelier de restauration

Avatar: Ville de Lyon Ville de Lyon

La restauration de la statue d’Apollon et sa remise en place dans le jardin du Musée des Beaux-arts de Lyon se précisent. Une visite avec Stéphane, conservateur au Musée des Beaux-arts, à l’atelier de Lionel, restaurateur de sculptures et chargé de sa restauration nous donne à voir Apollon sous un nouveau jour.

Présentation

statue d''Apollon


Taille : 1m50
Poids : 92,5 kg, une des plus légères du jardin du Musée.

Ce bronze est une copie d’après une statue antique, l’Apollino Médicis, conservée à la galerie des Offices à Florence, qui a été très appréciée et beaucoup reproduite. Initialement, un marbre avait été commandé, sans doute dans les années 1820, à Jean-Baptiste Vietty, un sculpteur formé à Lyon, pour prendre place au sommet de la fontaine aménagée au centre du jardin du palais Saint-Pierre, actuel Musée des Beaux-arts de Lyon. Lors d’un violent orage, en 1910, cette œuvre, déjà fortement dégradée, s’est brisée. Un bronze est alors commandé pour la remplacer auprès de la fonderie* Durenne. Suite à un accident survenu en 2011, celui-ci a été déposé dans l’attente de sa restauration.

A l’origine, les statues en bronze étaient réalisées avec la technique de la fonte à cire perdue, utilisée par exemple pour la statue de Louis XIV place Bellecour. Le sculpteur commence par créer une statue en cire. Ce modèle est ensuite recouvert d’un matériau résistant à la chaleur pour former un moule. Quand on chauffe l’ensemble, la cire fond et s’écoule : elle laisse alors un espace vide à l’intérieur du moule. On verse ensuite du bronze en fusion dans cet espace. En refroidissant, le bronze prend exactement la forme de la statue en cire. La cire disparaît, et le bronze la remplace : la sculpture définitive est née. Ce système ne laissant aucune place à l’erreur ou à des ajustements, une autre technique est apparue au XIXème siècle, la fonte au sable. Elle permet de couler les éléments séparément et on peut refaire une partie si elle est abîmée ou ratée, puis assembler l’ensemble pour former la sculpture finale. Notre statue d’Apollon est ainsi composée d’éléments assemblés. La première étape de la restauration est le travail sur la structure et la remise en place des éléments.

* La fonderie est le processus qui consiste à couler un métal ou un alliage liquide dans un moule pour reproduire, après refroidissement, une pièce donnée.

La posture

Un travail de diagnostic, constats et recherches, est réalisé par le restaurateur, toujours en dialogue avec le ou la responsable de collection qui amène des informations sur l’histoire de l’oeuvre et son contexte. Ici, Lionel a pu constater que des parties de la statue sont désolidarisées (un bras et la tête), d’autres sont déformées. Les différentes pièces qui composent la statue sont assemblées grâce à des goupilles. Certaines n’ont pas bougé, lors de la dégradation de la statue et d’autres sont abîmées ou carrément cisaillées. On voit qu’à l’origine il y avait 8 trous pour la tête mais seulement 4 ont été utilisés et des trous sont rebouchés. Lionel pense que le sculpteur s’est peut-être ravisé sur le positionnement de la tête. La statue ne livre pas tous ses secrets de fabrication. Pour le restaurateur, il s’agit d’être le plus fidèle à l’original en repositionnant les pièces, ici le bras droit et la tête. Mais dans sa chute, le bras de la statue s’est un peu aplati et l’onde de choc sur le métal a probablement déformé le cou. Pour conserver une posture similaire, il faudra faire légèrement évoluer la position de la tête d'Apollon et combler en terre cuite un espace vacant. Le bronze s’altérant naturellement, son évolution ne serait pas la même que le reste de la statue. La terre cuite qui sera ensuite émaillée est plus durable et permet de respecter la déontologie de la restauration : la lisibilité des travaux de restauration et leur réversibilité, pour que les générations futures puissent repérer les actions des restaurateurs et éventuellement retirer ce qui a été fait si les matériaux vieillissent mal ou si de nouvelles techniques émergent.

Vue de dos de la statue

L’épiderme

Après la structure, la deuxième étape consiste à s’occuper de l’épiderme de la statue.  Les petites parties noires de la statue sont en fait la surface d’origine. Comme le bronze est un alliage, une réaction entre le métal, l’air, la pluie etc s’opère avec le temps (on parle d’électrochimie). Une patine est toujours ajoutée sur le bronze. Il s’agit d’un revêtement à la surface pour orienter la teinte de la statue et fixer dans le temps sa couleur (souvent noir ou brun). L’oxydation naturelle du bronze donne ensuite une couleur verte aux statues. Aujourd’hui on nettoie la patine sans l’enlever, on garde le vert (issu de l’oxydation naturelle) et le noir (le bronze patiné, non oxydé pour les parties qui n’ont pas été exposée à l’eau) pour ne pas ajouter de couleurs supplémentaires. Le bronze est nettoyé (sablé) ensuite avec un abrasif végétal (souvent à base de poudre de noyaux d’abricots) et des retouches sont faites pour, par exemple, atténuer de grandes lignes verticales de coulures liées à l’usure. Le spectateur peut ainsi apprécier le volume dans son ensemble. Enfin, une cire spécifique est appliquée pour protéger la statue qui retrouvera le jardin du Musée des Beaux-arts.

En parallèle de ce travail de restauration, un socleur conçoit le dispositif qui permettra de repositionner de manière sécurisée la statue sur la fontaine du jardin. Les visiteuses et visiteurs du Musée retrouveront Apollon dans son écrin végétal aux beaux jours.

Pour suivre l'avancée du projet https://oye.participer.lyon.fr/processes/bp2024/f/386/proposals/4213

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